Didier Sribny
Joseph Margueritte
HAVANE
L'autre
jour
y
a
Maître
Edmond
le
notaire,
qui
sort
son
paquet
de
cigarette,
il
me
demande si j’en voulait une et me dit :
«
Dites
donc
vous,
vous
en
savez
une
bien
belle
d'histoire
à
propos
du
Général
de
Gaulle et puis de... de l'alcool.»
Par
parenthèse,
dans
le
temps
j'fumais
3
paquets de maïs par jour. Puis j'ai arrêté.
Puis
un
jour
j'en
ai
eu
mal
au
cœur
de
plus
fumer.
Le
midi
je
ressaye,
après
le
déjeuner,
mais
ça,
ça,
ça
a
pas
loupé
:
passez-moi
l'expression,
j'ai
renvoyé
la
tasse.
Et
j'venais
d'en
acheter
une
cartouche
de
25
paquets...
!
J'en
ai
fait
cadeau
au
basse-
courier. Mais y m'dit :
«
J'y
vais
aller
y
mettre
de
côté,
parce
que
ça
va
pas
être
longtemps
que
tu
me
la
redemandes. »
— Oh ! j'ai dis, sûrement pas Pascal.
Et
puis
p't'être
un
mois,
un
mois
et
demi
après,
j'attrape
un
phlegmon,
là
sur
le
cou.
J'vais
au
toubi
:
percé,
il
m'fait
un
pansement et puis j'lui dis comme ça :
« J'fume plus.»
— Quoi !
Toi
qui
fumais
trois
paquets
de
Gitanes
maïs par jour et puis tu fumes plus !
— Bein... j'ai dis, non j'fume pu.
— Y a longtemps ?
—
Oh...
j'ai
dis,
environ
un
mois,
un
moi
et
demi
deux
mois.
Disons
un
bon
mois
et
demi, enfin presque deux mois.
—
Bein...
y
m'dit,
tu
vas
m'faire
le
plaisir
en
t'en
allant,
tu
vas
passer
chez
Dupoux...
Dupoux
le
marchand
de
journaux
articles
de
pêche
tabac
P.M.U.,
ou
tu
vas
chez
Maloigne.
Et
puis
tu
vas
prendre,
une
boite
de
“Ninas”,
des
petits
cigares,
et
tu
vas
m'en
fumer
deux
par
jour,
pendant
un
mois.
J’ai dis :
«
Oui
j'fume
plus,
puis...
j'ai
dis,
mais
ça
va pas mieux. Ça va pas mieux.»
— Bein... y m'dis, qu'est c'que ça t'fait ?
—
Bein...
j'ai
dis,
j'sais
pas.
J'sais
pas
c'que
ça
m'fait,
et
puis...
j'ai
dis,
quand'te
j'vois
un
type
qui
sort
son
paquet
de
ma...
de
sa
poche
ça
m'dégoute
et
il
pourrait
m'en
offrir une, ça...
—
Bein...
y
m'dis,
parc'que
t'étais
intoxiqué.
Et
puis
y
dit,
tu
vas
te
désintoxiquer
avec
des
p'tits
“Ninas”,
tu
vas
en
fumer
deux
par
jour
pendant
un
mois,
ça
sera
assez,
puis
après
tu
les
laisseras.
J’ai
fait
ce
qu’il
m’a
dit.
Puis
après
tout,
quand'te
j'ai
vu
que
les
“Ninas”
me
faisaient
pas
d'mal,
bein
j'les
ai
pas
laissés,
j'ai continué.
Puis
après
quand
ils
ont
sorti...
ils
ont
sorti
les
“Déchets
de
Havane”
c'est
là
qu'j'ai
acheté
les
“Déchets
de
Havane”,
mais..
c'est
des
déchets
de
Havane
qui
sont
pas
roulés
dans
une
feuille
de
tabac,
il
sont
roulés dans du papier couleur tabac.
Bein
j'en
achète
plus
d'ceux
là,
des...
des...
des “Déchets de Havane”.
Les
“Déchets
de
Havane”
c'est
facile
c'est
une
petite
boite
carrée
en
bois
qui
fait
ça
et
ça
d'épaisseur...
Non
j'exagère
mais
au
moins
ça.
Y
a
deux
p'tites
charnières
et
une
petite
pointe
et
il
y
a
écrit
dessus...
c'est
ça
:
“Déchets
de
Havane”.
Ils
sont
pas
mauvais,
mais
c'est
du
papier
les
“Déchets
de Havane”. »
Les
“Déchets
de
Havane”
ils
sont
pas
mauvais
mais
c'est
du
papier
tandis-s'que
ceux
que
j'fume
maintenant,
y
a
le
rouge..
l'é...
l'é...
l'écriture
sur
la
boite
est
rouge,
que
sur
l'autre
elle
est
noire.
J'n'en
prends
jamais
de
l'écriture
rouge,
j'prends
l'écriture
noire,
l'écriture
noire
sont
meilleurs et y coûtent le même prix.
«
C'est
drôle,
ça
m'arrive
comme
ça
de'fumer
l'cigare
quand'te
je
joue
aux
cartes quelqu'fois.
Alors
j'peux
quand
même
pas
prendre
un
cigare et puis pas en offrir.
Bein
j'vois
les
gars
ils
sont
là
dessus,
ils
tirent
dessus
comme
des
malades,
eh
bien
le
mien
il
est
même
pas
à
moitié
fumé,
le
leur il est déjà dans l'cendrier il est fini.
Enfin
bref
Maître
Edmond
me
demande
si
je voulais une cigarette
Je lui dis :
«
J’en
fume
pas,
j'en
fume
plus
je
devrais
dire.
Alors il me dit :
«
J'étais
chez
mon
collègue
Maître
Raffout,
et
il
y
avait
quelqu'un
qui
a
voulu
nous
raconter
cette
histoire
avec
le
Général
De
Gaule
mais
il
a
pas
su
la
dire
comme
il
faut.
Il a dit :
«
C'est
Monsieur
Margueritte
qui
me
l'a
racontée,
on
prend
souvent
un
verre
ensemble
chez
Lucien
Dambard
au
bar
de
l'Union sur la place de l'église. »
Maître
Edmond
voulait
la
réentendre
mais
racontée par moi.
L'histoire
du
Général
de
Gaulle
vous
la
connaissez
peut-être...
C'est
:
«
Quelle
est
la
différence
entre
le
vieil
Armagnac
et
le
vieux
Général
de
Gaulle...
?»
Y
en
a
pas...
c'est
tous
les
deux
des
vieillards
maniaques.
Je la lui ai racontée comme ça.
Il m'a dit :
«
Monsieur
Margueritte,
racontée
par
vous
c'est
autrement
plus
drôle,
maintenant
je
comprends mieux. »
C'est
vrai
que
une
histoire
drôle,
il
faut
quand
même
prendre
le
temps
de
la
raconter
bien.
Si
vous
savez
pas
bien
la
raconter,
vous
vous
dites
après
que
vous
auriez mieux fait d'avaler votre langue.
***