Didier Sribny
L’INVENTEUR et la constante de structure fine Avant il n’y avait rien. Le vide ? Même pas le vide. Le néant, le chaos ? Ni l’un ni l’autre. Pas la moindre trace du début de quoi que ce soit à l’horizon ; pas d’horizon. Les ténèbres ? Même pas.les ténèbres. Le noir complet ? Même pas le noir. Rien n’existait. Rien de rien. Personne pour savoir que rien n’existait. Lui même, lui-même il n’existait pas. Avait-il des projets ? Sa non-existence était un handicap, ne pouvant compter sur l’aide de personne, il décide de s’inventer lui-même. C’est à ce moment que tout va commencer, le point zéro. Se retrouver seul, hors sol, dans le noir, au milieu de nulle part, n’avait rien de folichon folichon. Qu’à cela ne tienne, il se découvre un projet qui l’amusait déjà : inventer l’homme. Tout était à faire, tout était à inventer. Ne voulant pas y passer tout son temps, pour se fixer une limite il invente la semaine de sept jours. Après les cinq premiers jours, consacrés à la préparation du terrain : invention de la terre, du ciel et de tout le tintouin, il va profiter du sixième jour pour mettre la main à la pâte et inventer l’homme . Cette formalité accomplie, il aura le temps de réfléchir, pendant son premier jour de repos dominical, à ce qu’il allait bien pouvoir faire avec sa dernière invention. Jouer avec le bonhomme, se jouer de lui…? Il décide de lui faire des crasses. Pour commencer : pourquoi ne pas lui prélever une côte ? Il lui prélève une côte. Première crasse. À partir de cette côte il invente la femme. Deuxième crasse . L’homme, lui, ne voit franchement pas est la crasse. Mais alors franchement pas. Il semble plutôt franchement se réjouir de ce tour de passe-crasse. Puisque l’homme le prend ainsi, il invente la crasse du serpent et de la pomme . Troisième crasse pour rattraper la crasse précédente. Le temps crasse, le temps crasse, il attend le moment opportun pour inventer le fratricide. « La belle crasse ! » Il allait rire beaucoup : il venait de se rendre compte qu’il avait inventé les jeux de mots. Après avoir rit longuement, il invente l a religion , superbe crasse, et puis les les religions , crasse encore plus efficrasse. ! Autre crasse à son actif, l’introduction de la polychromie chez la crasse humaine, le noir, jaune, blanc, café au lait et toutes les nuances possibles et imaginables, laissant à l’Homme le soin d’inventer, à sa crasse, le cracisme et puis la séparation entre les cracisés et les non cracisés . Une putain de belle crasse ! La voie était tout crassée. Les crasses sociales, les crasses moyennes, les crasses dominantes les crasses laborieuses et par la même occasion la lutte des crasses, la crasse à courre, les crasses à l’homme j’en crasse et des meilleures… Et vient le moment il trouve que tout ce cirque n’est vraiment plus folichon folichon et que voila, bon… « Et que bon, la plaisanterie a assez duré. J e prends mes cliques et mes crasses ( un jeu de mots qui le fait rire intérieurement), je me désinvente, je retourne à la crasse départ (nouveau rire intérieur), je me crasse sans laisser de crasses (re-rire), c’est bon, on arrête de rire, je retourne à ma non-existence, on remballe tout. » Et il s’éclipse, laissant l’Homme se décrasrcrasser tout seul. La constante 1/137, la constante 1/137 le nombre qui régit l’univers, va tout de suite bloquer son élan. Il s’agit de la constante de structure fine * désignée par la lettre grecque alpha, qui est représentée par la fraction 1/137. Il est établi qu’il suffirait que sa valeur, α≈1/137, soit inférieure ou supérieure d’une fraction de millième pour que l'univers tel que nous le connaissons cesse d’exister. Dès lors il lui fallait trouver un moyen de faire bouger la valeur d’alpha, la constante de structure fine, pour atteindre son but et réussir à passer de l’alpha à l’oméga. Alpha, la constante de structure fine, va s’avérer être un obstacle coriace, sinon infranchissable. Tant qu’il n’aura pas réussi à régler son compte à ce foutu 1/137 il restera piégé dans cet univers et tout le tintouin qu’il a lui même inventé. Un jour peut être trouvera-t-il plus folichon de reprendre du service sur le plancher des vaches. Si oui, Dieu sait quelles nouvelles putains de crasses il pourrait encore inventer ! αΩαΩαΩα * α est le nombre qui détermine l'intensité de l'interaction électromagnétique, c'est-à-dire la force qui régit la relation entre la lumière et la matière, et entre les électrons et le noyau. Il détermine si les électrons resteront liés aux atomes, ou si la structure fondamentale de la matière s'effondrera. En termes plus simples : Ce nombre permet la stabilité des atomes, les réactions chimiques, la combustion des étoiles et l’existence de la vie. Au cœur de la physique moderne, parmi des équations complexes et des théories monumentales, se cache un seul petit nombre, mais d'une importance capitale, 1/135. Certains scientifiques l'ont même qualifié de nombre le plus dangereux qui soit. αΩαΩαΩα
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