Q u é q u e t t e . La taulière : PAULETTE / Son jeune fils : MIKE. JOEL : client et ami de la taulière Deux clients : RAYMOND dit : Dudule ; ROUGEAUD. GENEVIÈVE : une employée. La musique de ” Super-Copter ” Mike est en train de regarder « Super Copter » Générique de fin de“ Super-Copter ”. Mike détourne les yeux de la télé MIKE : — Dudule ! Dudule réponds-moi. Réponds-moi. Qu'est-ce que c'est que le genre d'animal c'que j'vais t'dire : C'est un animal qui vit le matin à quatre pattes, le midi à deux pattes, et le soir à trois pattes ? ” Au public : — C'est la question que je posais ici à Dudule. Ici. Ici c’est le café à ma mère. Le vrai nom d’ici c’est Poètes Café . Poètes comme les poètes. Ça craint ! Je préfère si on dit plutôt Chez Paulette . Paulette, c’est le nom à ma mère. Ma mère a préféré garder ? C’est nul ! “ Poètes Café ” ! ( Il hausse les épaules. )
Au café il y avait Dudule, Dudule, c'est pas son vrai nom. Il a un vrai nom ; autrement il s'appelle Raymond. C'est un habitué au café. Y avait aussi Rougeaud, un autre habitué ; pas seulement au café à ma mère mais habitué aussi à d’autres cafés que celui à ma mère. Rougeaud c’est pas vraiment son vrai nom, il a un autre vrai nom. Y avait Joël, un habitué à ma mère. Y avait aussi Geneviève, une employée à ma mère, et moi. Moi... ? Ah oui ! Moi, moi c'est Mike... Et vous... ? Mike c'est pas mon vrai nom qui est Michel... C’est tellement nul que je préfère si on m’appèle Mike, c'est plus classe, je veux. Les gens sont nuls : l'autre jour, au café à ma mère, je pose une question à Dudule. Il est plutôt style pas trop nase Dudule lui. Il aime bien rigoler. Dudule, Dudule réponds-moi. Réponds-moi. Qu'est-ce que c'est que le genre d'animal c'que j'vais t'dire : C'est un animal qui vit le matin à quatre pattes, le midi à deux pattes, et le soir à trois pattes ? ” Maman c'est pas à toi que je pose ! Au public : Je connais ma mère, elle peut pas s’empêcher de mettre son grain de celle qui sait mieux que les autres ! — C'est à Dudule que je pose. Alors hein... ! PAULETTE : Mais je ne dis rien, mon poulet.
MIKE : Au public : — Mon poulet, mon poulet, la honte quand elle dit ça ! A Raymond : C'est à toi Dudule que je pose. C'est un animal qui vit le matin à quatre pattes, le midi à deux pattes, et le soir à trois pattes. ” Je pose à Dudule. JOEL : Mais non, c'est pas comme ça la question ! Je suis sûr que c'est pas comme ça la question mon poulet. Mais de toute façon c'est l'homme. RAYMOND : — C'est l'homme ? MIKE : — Bein ouais ! c'est l'homme. Mais normalement, en fait la vérité c'est pas comme ça qu'c'est vrai. Normalement il a cinq pattes le soir parce que le matin il se lève... RAYMOND : — Alors si c'est pas ça, alors pourquoi tu as appris ça ? PAULETTE : Mon poulet, ne fais pas attention à ce que dit Raymond, vas-y. Vas-y, explique-nous mon poulet. MIKE : Parce que normalement c'est comme ça qu'on l'explique, j'y peux rien. RAYMOND : Cinq pattes, le matin, le matin lorsqu'il se lève. Lorsqu'il se lève, il bande ! MIKE En haussant les épaules : — Quatre pattes !
Quatre pattes. C'est à dire le matin dans le lit t'es à quatre pattes, t’as les... ? Il est à quatre pattes le matin dans le lit, il a les doigts de pieds... euh... Le midi t'es sorti du lit, t’as les… et le soir... le soir t'es au lit et... Ah ouais ! ah ouais ! ah ouais ouais ouais ! Voilà : c’est les soirs il travaille pas il a cinq pattes, parce que… JOËL : C'est pas comme ça la réponse Mike. C'était déjà pas comme ça la question. Même si c’est l’homme la réponse. PAULETTE : — Vas-y Joël, raconte-nous ça. Ecoute bien ce qu’il va te dire, mon poulet. JOËL : — Oh non ! Parce que j'm'en souviens plus exactement ! MIKE : Au public : — Alors il y a ma mère et Dudule : PAULETTE : A vous deux vous faites une belle paire de nuls hein ! Vous êtes un peu nuls ! RAYMOND : — Vous êtes un peu nuls ! PAULETTE : — A vous deux vous êtes un peu nuls hein ! RAYMOND : — Vous êtes vraiment nuls hein ! PAULETTE : — Ah ils sont nuls !
RAYMOND : — Ah vous êtes nuls ! PAULETTE : — Ah vous êtes nuls ! MIKE : Au public : — C’est eux qui sont nuls. PAULETTE et RAYMOND Au public, pour qu’ils reprennent avec eux : — Ah ils sont nuls !... Ils sont nuls !... et puis RAYMOND se prenant à chanter : Ah oui m'sieur l'inspecteur / On connaît ça par cœur. / On n'est pas des imbéciles, / On a même de l'instruction, / au lycée Papa au lycée Papi au lycée Papillon..... ” Allez, tous ensemble ! : On n'est pas des imbéciles, / On a même de l'instruction... ” MIKE : Au public : — Vous êtes nuls pareils ! Après un temps : — Et puis y a Rougeaud, il avait encore rien dit, il a fallu qu’il en rajoute. ROUGEAUD : ( Personnage plus raffiné, philosophe, entre deux verres. ) ...qui au printemps marche à deux pattes euh… à l'été à... Au printemps marche à quatre pattes, l'été à deux pattes et à l'hiver à… trois. PAULETTE : — A trois pattes voilà c'est ça ! MIKE : A trois pattes ? ... Pourquoi, à l'hiver on vit à trois pattes ?
RAYMOND : — Ah vous êtes nuls ! PAULETTE : — Ah vous êtes nuls ! MIKE : Au public : — C’est eux qui sont nuls. PAULETTE et RAYMOND Au public, pour qu’ils reprennent avec eux : — Ah ils sont nuls !... Ils sont nuls !... et puis RAYMOND se prenant à chanter : Ah oui m'sieur l'inspecteur / On connaît ça par cœur. / On n'est pas des imbéciles, / On a même de l'instruction, / au lycée Papa au lycée Papi au lycée Papillon..... ” Allez, tous ensemble ! : On n'est pas des imbéciles, / On a même de l'instruction... ” MIKE : Au public : — Vous êtes nuls pareils ! Après un temps : — Et puis y a Rougeaud, il avait encore rien dit, il a fallu qu’il en rajoute. ROUGEAUD : ( Personnage plus raffiné, philosophe, entre deux verres. ) ...qui au printemps marche à deux pattes euh… à l'été à... Au printemps marche à quatre pattes, l'été à deux pattes et à l'hiver à… trois. PAULETTE : — A trois pattes voilà c'est ça ! MIKE : A trois pattes ? ... Pourquoi, à l'hiver on vit à trois pattes ?
RAYMOND : — Oh ! JOËL : — Oh ! MIKE : Au public : — Moi c'est bien d'une histoire de quéquette que je parlais, et Joël il me parle d'une histoire de canne ! A Joël : Toi tu parles d'histoire de canne moi j'parle d'une histoire de quéquette moi. T'as rien compris ! JOËL : — Pourquoi elle traîne par terre ? MIKE : Mais non ! Le soir, le soir tu t'en sers... Deux soirs par semaine tu t’en sers, quand tu travailles pas le lendemain ! Le Week-end. Au public : — Et Joël il me dit : JOËL : — Oh ! non, non, mais Mike t'es à côté de tes pompes. Et Dudule : RAYMOND : On se calme. Si vous ne voyez pas d'inconvénient, moi je vais aller pisser. MIKE : Au public : Qu'il aille pisser ? J'en avais rien à secouer. Sont nuls. Comprennent rien aux histoires de cul. ” Rideau ”
Dudule est allé pisser Mike regarde à nouveau le téléviseur au-dessus du comptoir tandis qu'en voix off : PAULETTE : — Raymond ! RAYMOND : — Oui. PAULETTE : — T'as besoin de nous ? RAYMOND : — Oui. JOEL : Ah ah ah ah ! PAULETTE : — On arrive, tu la trouves ? RAYMOND : — Non. JOËL : — Il a oublié son sonotone. ROUGEAUD : — T'as pas ta pince à épiler aujourd'hui ? PAULETTE : — Raymond ! RAYMOND : — Oui.
PAULETTE : — La laisse pas tomber ahaha ! ROUGEAUD : — T'as pas ta pince à épiler ? C'est une patrouille attends-moi là... comme on chantait hein au 2ème Dragon ( Il chante ) : ” C'est une patrouille attends-moi là, entretiens-toi pendant qu'elle passe... Patrouille attends-moi là entretiens-toi pendant c'temps là. Tiens Paulette, redonne-moi un petit coup.
M a c h o - D o l t o
La taulière : PAULETTE, son fils MIKE. Robert dit : RAYMOND / ROUGEAUD. une cliente : Madame MARCELLE.
Entrée de Mme Marcelle
MIKE : Au public : Et puis y a Joël qui est sorti en même temps qu'il y a Mme Marcelle qui est rentré avec un sac à provision. PAULETTE : — Bonjour Madame Marcelle !
Retour de Dudule
MIKE : Au public : Et puis y a Dudule qui est revenu des toilettes en disant : « Ah ! Bon Dieu que c'était bien les amis, vous pouvez pas savoir. Bon Dieu que c'est bon ! » RAYMOND : — Ah tiens, Bonjour Madame Marcelle ! Comment allez-vous Madame Marcelle ? MIKE : Au public : — La vielle gronchonne fait celle comme si elle avait pas entendu et elle commande un café à ma mère. Mme MARC : — Un café. MIKE : Au public : — Ma mère lui sert son café et lui dit : PAULETTE : — Il fait beau aujourd'hui Madame Marcelle, non ?
MIKE : Au public : — La vioque murmonne quelque chose qu'on comprend pas. Et puis ensuite il y a ma mère qui se met à causer à Dudule. PAULETTE : Au public : — Je disais à Raymond que, pendant qu'il était pas là, je disais à Rougeaud : « Il y a plus d'hommes... D'hommes, de machos ; y a plus beaucoup de vrais hommes... » A Raymond : Il y a plus d'hommes... D'hommes, de machos, y a plus beaucoup de vrais hommes. C'est vrai, il n'y a plus beaucoup de vrais hommes. Hein ? Ce matin en faisant mes gâteaux, je me disais que mon prochain coup, mon prochain coup c'est un mec qu'est vraiment heu... tu vois... RAYMOND : — Un mec heu, BIEN, quoi. PAULETTE : — UN HOMME ! RAYMOND : — UN VRAI ! PAULETTE : — Tu vois un macho un mec heu... tu vois, qui m'dise heu : « Bon fais pas chier laisse-moi tranquille ! » Au public : — Des fois quand tu as vécu toute ta vie avec des hommes sans personnalité, tu aimerais… Vous voyez ce que je veux dire. Moi j'ai vu mon père, mon père qu'est un homme très respectueux, qu'est un homme qui sait c'qu'il veut, et moi j'vais vous dire, ma mère qu'a une aussi grande gueule que la mienne, c'est pas peu dire, ma mère qu'était très… vous voyez heu, et bein mon père boum ! c'est lui qui commandait ; mais mon père n'a jamais tapé
sur ma mère ; on parle macho... mais mon père fait tout à la maison… ROUGEAUD : — Un macho ne tape pas sur une gonzesse. PAULETTE : A Rougeaud : Non non, faut pas dériver c'que j'veux te dire, tu comprends. Au public : — Quand on dit macho ça veut pas dire... taper c'est pas ça... Mon père est un homme qui heu, s'occupe des papiers, qui s'occupe du bricolage, qui s'occupe de... C'est un homme, à la maison, voilà. L'homme à la maison, c'était un homme très très bien hein. ” L'homme à la maison ”. C'est lui qui commande, et ma mère, ma mère tout en ayant un foutu caractère, ne fait pas ce que mon père n'a pas envie qu'elle fasse. Et si par exemple ma mère dit : « On va là. » , il lui dit : « Tu es libre d'y aller si tu veux, moi j'ai pas envie j'aime pas, je / n'y / vais / pas. » Et quand il a dit je n'y vais pas… Il y a plus d'hommes, d'hommes, de machos, y a plus beaucoup de vrais hommes... Vous voyez ce que je veux dire. RAYMOND : — Non ! y en a encore quelques-uns ! PAULETTE : — Y a pas beaucoup de vrais hommes voilà. Enfin j'dis macho...
ROUGEAUD : Au public : — Sous prétexte qu'on doit pas toucher à une dame euh... elle peut tout faire alors ? C'est pas vrai. PAULETTE : Faut pas dériver c'que j'veux te dire, j'ai pas dis qu'on avait pas le droit de tout faire, au contraire moi j'disais que j'aimerais un homme qui me sécurise vraiment, tu vois. J'parle pas d'argent hein, on s'entend bien. Au public : Par contre si il m'dit « PAULETTE ce soir j'te paye le restaurant… » Dans ce cas c'est différent. Et si il me donne une belle bagouze pleine de brillants… Je crois que c'est pas excessif... Non ? Vous voyez ce que je veux dire. ROUGEAUD : La folie est une forme d'ivresse particulière... Tiens donne-moi plutôt un coup tiens... Au public : — La folie est une forme d'ivresse particulière : ça n'est que ça. PAULETTE : — Ça dépend du degré. ROUGEAUD : C'est rassurant la folie d'ailleurs. Sauf pour les autres. PAULETTE : — On peut être fou d'amour. Vous trouvez pas que c'est beau c'que j'viens de dire ? On peut être fou d'amour. ROUGEAUD : — Il parait que ça t'arrive… PAULETTE : — A qui, à moi ?
ROUGEAUD : — Oui je parle à toi, pas à Mme Marcelle. Il parait que ça t'arrive. Oui oui oui, ça arrive aux âmes simples. PAULETTE : — Au zob simple ? ROUGEAUD : — AUX ÂMES ! ... Aux âmes simples. PAULETTE : — Aux âmes simples ? ROUGEAUD : — Aux âmes pures... Aux âmes pures... PAULETTE : Au public : Y a personne qui est ici. et qui n'est jamais été amoureuse enfin ! Au moins une nuit. Merde faut être con quand même ! Ou alors faut être impuissant, c'est l'un ou l'autre. Voyez ce que je veux dire. RAYMOND : La plus belle des choses, c'est l'amour. C'est con mais c'est vachement bien. PAULETTE : Au public : — Même si c'est pas le grand amour parce qu'il y a des degrés en amour, mais c'est agréable. C'est pas vrai les filles ? Enfin !
RAYMOND : — C'est vachement agréable. Au public : C'est vachement agréable ? ... et alors.. Je t'aime tu m'aimes tu regardes dans les yeux et tu t'endors rapidement après... Tu t'endors tout de suite hein : Rrrr fuuu Rrrr Fuuu , « Mon chéri ! Mon chéri ! » Rrrr Fuuu laisse-moi dormir Nom de Dieu merde casse-toi salope ! PAULETTE : Au public : — Moi je crois que je ne serais plus amoureuse d'un mec qui sent des pieds. RAYMOND : — Ah ! Alors les pieds ! … Et le cul ? ... PAULETTE : — J'ai horreur d'un mec qui sent des pieds ! RAYMOND : — Et le cul ? ... Et le cul ? ... et la tête : Alouette gentille alouette... alouette... ROUGEAUD : Ah ! Ça c'est la grande jubilation de l'homme célibataire, pouvoir péter librement dans son lit. PAULETTE : — Oh ça m'étonne pas d'toi !
RAYMOND : — Moi j'aime bien péter, parce que le pet c'est ce qu'il y a de mieux au monde. ROUGEAUD : — Absolument c'est beau ça ! RAYMOND : Ça dégage c'est bien frais, le slip, le slip est tout marron au derrière mais enfin heu... ROUGEAUD : — C'est que c'était foireux. C'était foireux. RAYMOND : Mais alors le mieux, le mieux c'est d'péter quand y a une fille qui te fait une pipe alors là… moi, là faut vraiment... faut vraiment qu'elle ait du courage pour continuer hein. Vous n'êtes pas d'accord avec moi Madame Marcelle ? Vous ne dites rien. PAULETTE : — Il ne faut pas l'écouter Mme Marcelle vous savez. Mme MARC. : — Oui, ce que je sais c'est que Mme Marcelle remettra plus les pieds ici ! RAYMOND : — Allons Mme Marcelle ! ROUGEAUD : — N'étant pas l'inventeur de la chose, je vais la restituer à son, à sa propriétaire qu'était une grande psychanalyste et qui a dit un jour heu heu... : « La femme qui ne supporte pas l'odeur de la merde de son mec, heu…, ne l'aime pas. » Cette dame là s'appelait Françoise Dolto.
Au public : Elle a écrit ça. Françoise     Dolto  , et c'était la mère de Carlos. Elle a écrit ça. « La femme qui ne supporte pas l'odeur de la merde de son mec, ne l'aime pas. » PAULETTE : — Tu peux aimer ton mec sans aimer son pet. ROUGEAUD : — Non non ! La merde l'odeur de la merde ! « L'odeur de la merde », elle a dit. C'est Madame Françoise Dolto. T'es pas Françoise Dolto toi ? RAYMOND : — Mais dans l'effort ça arrive ; qui n'a pas pété dans un effort ? Qu'en pense Mme Marcelle ? Mme MARC. : Au public : — Ce que je sais c'est que Mme Marcelle remettra plus les pieds ici ! PAULETTE : — Alors pour savoir si t'aime ton mec il faut déjà savoir si t'aime son pet alors ? Ah ah ah ! ... Au public : Pour savoir si t'aime ton mec il faut savoir si t'aime son pet. Ahahah ! ROUGEAUD : — Non. Non non ! Tu passes aux chiottes après lui, tu dis : « Tire pas la chasse je veux voir. » RAYMOND : — Au bon moment : « Oh ma chérie encore encore ! » « Prouaaaa ! » ....
Au public : Elle a écrit ça. Françoise     Dolto  , et c'était la mère de Carlos. Elle a écrit ça. « La femme qui ne supporte pas l'odeur de la merde de son mec, ne l'aime pas. » PAULETTE : — Tu peux aimer ton mec sans aimer son pet. ROUGEAUD : — Non non ! La merde l'odeur de la merde ! « L'odeur de la merde », elle a dit. C'est Madame Françoise Dolto. T'es pas Françoise Dolto toi ? RAYMOND : — Mais dans l'effort ça arrive ; qui n'a pas pété dans un effort ? Qu'en pense Mme Marcelle ? Mme MARC. : Au public : — Ce que je sais c'est que Mme Marcelle remettra plus les pieds ici ! PAULETTE : — Alors pour savoir si t'aime ton mec il faut déjà savoir si t'aime son pet alors ? Ah ah ah ! ... Au public : Pour savoir si t'aime ton mec il faut savoir si t'aime son pet. Ahahah ! ROUGEAUD : — Non. Non non ! Tu passes aux chiottes après lui, tu dis : « Tire pas la chasse je veux voir. » RAYMOND : — Au bon moment : « Oh ma chérie encore encore ! » « Prouaaaa ! » ....
Attention ! Ce n'est ni Rougeaud ni moi qui nous serions permis de dire ça devant vous Mme Marcelle, c'est Françoise Dolto. Clin d'œil Au public. ROUGEAUD : Au public : — Je vous jure que la mère de Carlos, Françoise Dolto, c'est une plus grande psychiatre... mais elle a écrit ça... PAULETTE : — Je remets un p'tit coup à Rougeaud pour que son pet passe plus vite ? C'est vrai qu'il faut l'aimer pour sentir les pieds, le cul, il faut vraiment l'aimer. RAYMOND : — Non moi ça les pieds alors là franchement hein... Prenant le public à témoin : — Franchement, vous n'êtes pas d'accord ? ... Les pieds. ROUGEAUD : — Non mais alors ça c'est de la négligence.
PAULETTE : Prenant le public à témoin : C'est vrai que le cul c'est très sale. L'amour c'est déjà sale... et si en plus ton mec est quelqu'un qui pète, qui pue des pieds... c'est pas très agréable quand même. RAYMOND : Prenant le public à témoin : Qui s'lave pas ah ah ! ... Qui pue du bec et en plus il a un râtelier, il a rien pour lui le mec ! ROUGEAUD : Prenant le public à témoin : Surtout quand il se livre à des faveurs buccales et que le râtelier reste accroché putain ! Ça je voudrais voir ça quand même ! Avec le râtelier qui reste. RAYMOND : Rougeaud arrête de dire des choses pareilles devant Mme Marcelle enfin ! ... Tu sais qu'elle n'apprécie pas la vulgarité. Veuillez l'excuser Mme Marcelle, il ne sait plus ce qu'il dit. Il fait un clin d'œil complice au public. PAULETTE : — Laisse ma clientèle tranquille toi... Mais ne faites pas attention Mme Marcelle. RAYMOND : — Vous nous quittez déjà Mme Marcelle ? PAULETTE : — Au revoir Mme Marcelle.
Mme Marcelle s'apprête à sortir.
RAYMOND : — Mme Marcelle bonsoir. PAULETTE : — Il est chiant ce mec ! Mme MARC. : De toute façon je reviens plus ici alors. Mme Marcelle ne remet plus les pieds dans votre Poètes Café ” ! Mme Marcelle sort
Mme Marcelle est sortie
RAYMOND : ” Elle me fait Poet-poet ,je lui fais Poet-poet, on se fait Poet-poet et puis ça va. ” La vie est belle ! Non ? ROUGEAUD : « Il peut y avoir des poètes tant qu'on voudra, de belles idées, de nobles formes : la vie seule est la marque de l'art. » RAYMOND : Dis donc Paulette, j'espère que tu as remarqué qu'on s'est bien tenu devant Mme Marcelle, on a fait un sacré effort, de vrais gentlemen. Enfin, maintenant qu'elle n'est plus là, plus rien ne nous empêche de parler librement. On va pouvoir se défouler, on peut même chanter . Elle me fait poète poète , je lui fais poète -poète, on se fait poet-poet et puis ça va. La vie est belle Nom de Dieu ! ROUGEAUD : « .... car la vie est passée avant qu'on ait pu vivre. » c'est Victor Hugo qui a écrit ça , La légende des siècles ” ... Victor Hugo... Bonne adresse. RAYMOND : Au public : « Dans la vie il y a à boire, et à manger. Commence déjà par boire, le manger est au fond du verre. » Votre serviteur, himself. Ce n'est pas écrit, je n'ai pas de temps à perdre. Avouez que la vie est belle... non ? ... Non ? ...
Paulette ne laisse pas les verres vides. A la santé de Mme Marcelle et longue vie au Poète Café ”. On n'est pas des imbéciles, on a même de l'instruction, au lycée Papa au lycée Papi au lycée Papillon... J'aime bien la chanson, un homme doit chanter, pour être heureux il doit chanter. C'est beau le chant, entre copains. Faut chanter, c'est ça la vie. Ah ! oui M'sieur L'inspecteur on connaît ça par cœur.
Au public : Tous ensemble : On n'est pas des imbéciles, on a même de l'instruction au lycée Papa au lycée Papi au lycée Papillon... Paulette, remets-nous une tournée s'il te plaît... C’est quand même chouette le Poète Café ! Non ? ” Elle me fait poète poète, je lui fais poète poète, on se fait pouet-pouet et puis ça va. ” MIKE : Au public : — Nuls ! \\\\\ /////